Les concepts de stabilité et d’instabilité en musique

Le concept historique de consonance et de dissonance établit une catégorisation des intervalles harmoniques. Ces notions ancestrales sont à l’origine du concept de stabilité et d’instabilité exposé dans Meludia. Les termes classiques de tension et de repos lorsqu’on évoque un mouvement harmonique tissent d’une certaine manière le lien entre ces deux terminologies. Nous pouvons donc dire qu’il existe des intervalles de tension et des intervalles de résolution.

Pour mieux comprendre les concepts suivants nous vous invitons à lire nos articles sur l’espace musical et les intervalles en musique.

Intervalles stables et intervalles instables

Nous établirons principe de base que notre cerveau assimile le phénomène de l’octave ou de l’unisson comme la référence du concept de stabilité. Ce phénomène sera donc considéré comme l’état originel de ce que l’on va nommer « stabilité ».  

Par consequence, tout intervalle autre que l’octave va tendre à se distinguer de ce point initial de référence. Ainsi, plus un objet-son sera perçu comme stable, plus faible sera sa capacité à dynamiser un mouvement. À l’inverse, plus un objet-son sera perçu comme instable, plus forte sera sa capacité à dynamiser un mouvement. Sa potentialité dynamique sera plus forte.

C’est déjà bien de savoir qu’il n’y a QUE 12 intervalles harmoniques. Prenons DO comme note de base de chacun des 12 intervalles :

Description des 5 archétypes harmoniques

La musique dite « tonale » a fait émerger tout au long de son histoire des formes harmoniques récurrentes, dont les trois grands archétypes suivants :

L’accord…

  • Parfait majeur
  • Parfait mineur
  • Septième de dominante

La compréhension de ces trois formes harmoniques permet d’accéder à une réelle compréhension des fondements harmoniques de la musique tonale.

Plus d’informations sur notre article les accords et l’harmonie musicale sur la construction des accords parfaits majeurs, des accords parfaits mineurs et des accords de septième de dominante. 

Neutre, Stable et Instable

Le groupe STABLE se compose de trois catégories : 

  • Neutre
  • Majeur
  • Mineur

Le groupe INSTABLE se compose de deux catégories : 

  • Instable (dominante)
  • Très Instable



Quand il est attribué à un intervalle de musique, le terme NEUTRE va signifier que l’objet n’évoque ni spécialement une couleur majeure ni une couleur mineure. Ce qui est le cas pour trois intervalles : l’octave, la quinte et la quarte.

La sensation émotionnelle ou « affect » d’un accord parfait dépend uniquement de la présence ou de l’absence de la tierce associée à la quinte et formée par le degré 1 et le degré 5.

La couleur MAJEURE est essentiellement liée à la présence du degré 3. C’est l’ajout de ce degré qui donne pleinement toute la couleur émotionnelle à l’accord parfait majeur. Exemple : Do – Mi – Sol.

Si l’on ajoute à cette même quinte le degré 3b, nous obtiendrons alors cette fois un accord parfait MINEUR. Exemple : Do – Mi bémol – Sol.

La quinte (1-5) peut être vue comme un objet qui a par essence une nature NEUTRE sur le plan harmonique. C’est un intervalle ‘pilier’ sur lequel la plupart des accords vont pouvoir se construire. Ainsi, s’il n’y a pas de tierce, la quinte maintiendra une forme d’ambiguïté émotionnelle.

Intervalles Neutres

  • Unisson
  • Quarte
  • Quinte
  • Octave

Intervalles Stables (+ et -)

  • Tierce Mineure
  • Tierce Majeure
  • Sixte Mineure
  • Sixte Majeure

Intervalles Instables

  • Seconde mineure (Très instable !)
  • Seconde Majeure
  • Triton
  • Septième Mineure
  • Septième majeure (Très instable !)

Il est important d’observer que l’affect d’un intervalle est maintenu lorsque celui-ci est spatialement renversé. Par exemple Do – Réb (seconde mineure) et Réb – Do (septième majeure).

Une stratégie pédagogique de reconnaissance des intervalles

L’idée est d’adopter une stratégie par étapes successives afin de permettre à notre cerveau de nommer instantanément chaque intervalle harmonique. D’abord en distinguant les intervalles stables des intervalles instables, puis en classifiant les intervalles selon ces 5 couleurs. Quoi qu’il en soit, vous devez avoir une démarche autonome d’écoute préalable de chaque intervalle, c’est un pré-requis !

Dans un deuxième temps, vous allez apprendre à associer de manière plus fine ces intervalles par des exercices de ear training proposés dans la dimensions Harmonie de notre application web Meludia.